Réforme infirmière 2026 : nouveaux actes, prescriptions et délégation aux AS et AES

Réforme infirmière 2026 : nouveaux actes, prescriptions et délégation aux AS et AES

Le 15 octobre 2026, un nouveau décret est paru au Journal officiel : il fait le ménage dans les anciennes règles sur les actes des infirmiers. C'est l'une des dernières étapes d'une grande réforme du métier, commencée en 2025.

Consultation infirmière, nouvelles prescriptions, actes confiés aux aides-soignants et aux accompagnants éducatifs et sociaux… Cette réforme concerne les infirmiers, mais aussi toute l'équipe autour d'eux, et les personnes accompagnées. Voici ce qui change concrètement.

Une réforme en plusieurs étapes

  • 27 juin 2025 : la loi sur la profession d'infirmier est publiée. Elle redéfinit le métier à partir de ses missions, et plus seulement d'une liste d'actes.
  • 24 décembre 2025 : un décret précise les activités et compétences des infirmiers. Elles passent de cinq à onze domaines.
  • 26 juin 2026 : deux arrêtés fixent la liste des actes et soins, et la liste de ce que les infirmiers peuvent prescrire.
  • 13 octobre 2026 : un décret, publié le 15 octobre, supprime les anciennes règles devenues inutiles.

Le nouveau cadre est donc désormais en place.

La consultation et le diagnostic infirmiers

C'est le grand changement symbolique : l'infirmier peut maintenant réaliser une consultation infirmière, en autonomie. Elle comprend un entretien, un examen clinique, l'évaluation des besoins, de la douleur et des fragilités, puis la définition d'un projet de soins.

L'infirmier peut aussi poser un diagnostic infirmier : il identifie les besoins de santé qui relèvent de son rôle. Attention, ce n'est pas un diagnostic médical : il ne remplace pas celui du médecin.

Ces consultations peuvent avoir lieu à l'hôpital, en établissement médico-social, en cabinet ou au domicile de la personne. Pour les infirmiers libéraux, leur remboursement dépend encore des négociations avec l'Assurance maladie.

Ce que les infirmiers peuvent désormais prescrire

L'arrêté du 26 juin 2026 élargit nettement la liste de ce qu'un infirmier peut prescrire ou renouveler seul. Par exemple :

  • pour les plaies : pansements, antiseptiques, matelas et coussins anti-escarres ;
  • pour la mobilité : cannes, béquilles, déambulateurs, soulève-malades ;
  • à domicile : matériel de perfusion, matériel de sondage urinaire, étuis péniens, collecteurs d'urine ;
  • médicaments : antalgiques simples (palier 1), substituts nicotiniques, renouvellement de la contraception orale sous conditions, contraception d'urgence et préservatifs ;
  • vaccins : les vaccins du calendrier vaccinal, à partir de 11 ans, sauf certaines exceptions ;
  • examens : certains examens biologiques courants, sous conditions.

Certains produits ne peuvent qu'être renouvelés, à l'identique, comme les bas de contention, la sonde urinaire à demeure ou les capteurs de glucose. La première prescription reste faite par le médecin.

Chaque prescription doit être notée dans le dossier de la personne ou dans son dossier médical partagé.

Ce qui ne change pas

  • Les soins infirmiers eux-mêmes (une injection, un pansement complexe…) restent, en général, réalisés sur prescription médicale.
  • Prescrire ne donne pas droit, pour l'instant, à une rémunération spécifique. Les négociations sur la rémunération sont toujours en cours.
  • Le médecin reste au cœur du diagnostic médical et du traitement.

Aides-soignants et accompagnants éducatifs et sociaux : ce qui vous concerne

La réforme clarifie aussi la délégation. Dans les établissements et les services à domicile, l'infirmier peut confier certains actes de son rôle propre aux aides-soignants, aux auxiliaires de puériculture et aux accompagnants éducatifs et sociaux. Il les réalisent sous sa responsabilité.

L'arrêté distingue deux listes : des actes délégables aux trois métiers, et d'autres réservés aux aides-soignants et auxiliaires de puériculture. On y trouve par exemple :

  • l'aide à la toilette, à l'habillage, à l'alimentation et à l'hydratation ;
  • l'hygiène bucco-dentaire ;
  • le recueil de paramètres simples, sans geste invasif ;
  • l'observation et le repérage de changements de comportement ;
  • le repérage de situations de maltraitance ou de violences.

Pour vous, cela veut dire un cadre plus clair, et une meilleure reconnaissance de votre rôle d'observation au quotidien. C'est souvent vous qui remarquez en premier qu'une personne va moins bien, qu'elle a mal ou qu'elle change d'humeur.

Pour transmettre ces observations de façon fiable, et aider la personne à dire où et combien elle a mal, un support visuel simple est un vrai allié.

Échelle de douleur FALC à imprimer

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6 niveaux, du vert au rouge, avec un visage pour chacun : la personne montre l'intensité de sa douleur, et l'équipe dispose d'un repère commun pour la suivre.

Voir l'échelle de douleur →

Et pour les personnes accompagnées et leurs aidants ?

Concrètement, la réforme peut simplifier le quotidien :

  • moins de rendez-vous chez le médecin juste pour renouveler des pansements, des bas de contention ou un déambulateur ;
  • un accès plus rapide à du matériel utile à domicile, comme un coussin anti-escarres ou un soulève-malade ;
  • la possibilité de se faire vacciner par son infirmier ;
  • un suivi de la douleur et des fragilités mieux intégré aux soins.

C'est particulièrement utile dans les zones où il est difficile d'obtenir un rendez-vous médical.

Ce qui reste à venir

  • La rémunération : les négociations doivent tenir compte des nouvelles compétences et de la pénibilité.
  • L'accès direct : la loi prévoit une expérimentation dans quelques départements, où l'on pourrait consulter un infirmier sans passer par le médecin. Ses modalités doivent encore être précisées.
  • La formation : les instituts de formation en soins infirmiers doivent adapter leurs enseignements à ces nouvelles missions.

Bien communiquer, au cœur des nouvelles missions

Consultation, évaluation des besoins, éducation à la santé : la réforme place la relation avec la personne au centre du métier. Quand une personne a du mal à comprendre ou à s'exprimer, des images simples aident à expliquer un soin et à obtenir son accord.

Pack de 45 pictogrammes FALC médical et soin

Pack de 45 pictogrammes FALC – Médical et soin

Prise de sang, pansement, médicaments, consultation : des images claires pour expliquer chaque soin, rassurer la personne et favoriser son consentement.

Voir les pictogrammes →

À retenir

  • La réforme infirmière, lancée par la loi du 27 juin 2025, est désormais en place.
  • Les infirmiers peuvent réaliser une consultation et poser un diagnostic infirmier.
  • Ils peuvent prescrire ou renouveler de nombreux produits : pansements, aides à la mobilité, antalgiques simples, vaccins…
  • Certains actes peuvent être confiés aux aides-soignants et aux accompagnants éducatifs et sociaux, sous la responsabilité de l'infirmier.
  • La rémunération et l'accès direct restent à préciser.

Sources : Décret n° 2026-955 du 13 octobre 2026, Légifrance ; FHF, la refonte de l'exercice infirmier ; Infirmiers.com, actes, missions et prescriptions : les textes publiés ; OPCO Santé, tout comprendre sur la réforme du métier d'infirmier.

Vous êtes infirmier, aide-soignant ou accompagnant éducatif et social ?
Qu'est-ce que cette réforme change déjà dans votre quotidien ? Partagez votre expérience en commentaire sur notre page Facebook.

Ensemble, on prend soin de chacun. 🌿

1 commentaire

J’ai obtenu mon diplôme d’aide-soignante avec le nouveau référentiel 2021 2022 avec plus de compétences que les anciens soignants Mets au même niveau qu’ancien soignant, donc pas très normal

Valerie •

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