AESH 2026 : missions, démarches et ce qui change pour la rentrée scolaire

élèves qui courent dans une école

Vous venez de recevoir la notification MDPH annonçant que votre enfant aura un AESH à la rentrée, mais vous ne savez pas trop ce que ça signifie concrètement ? Ou vous êtes déjà accompagnant d'élèves en situation de handicap et vous vous interrogez sur ce qui change cette année ? L'accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) reste l'une des aides les moins bien comprises du parcours scolaire, alors qu'il concerne aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'enfants en France. Voici ce qu'il faut savoir avant la rentrée 2026.

Qu'est-ce qu'un AESH et quelles sont ses missions ?

L'accompagnant des élèves en situation de handicap est un agent contractuel de la fonction publique, membre à part entière de l'équipe éducative, qui intervient sous la responsabilité pédagogique de l'enseignant. Il ne remplace jamais l'enseignant et n'a pas vocation à faire à la place de l'enfant : son rôle est de favoriser son autonomie, pas de s'y substituer.

Concrètement, ses missions couvrent trois domaines : les actes de la vie quotidienne (aide à l'habillage, aux déplacements, à l'installation en classe), l'accès aux activités d'apprentissage (suivi des consignes, adaptation du support pédagogique, participation aux activités culturelles, sportives ou artistiques), et la vie sociale et relationnelle (aide à la communication avec les autres élèves, gestion des temps de récréation). Il intervient sur tous les temps scolaires, y compris les sorties et voyages.

Les 3 types d'accompagnement AESH

La notification de la MDPH précise toujours le type d'accompagnement dont votre enfant a besoin. Il en existe trois.

Accompagnement individuel (AESH-i)

Il est réservé à un seul élève, qui nécessite une aide soutenue et continue tout au long de la journée. C'est le niveau d'accompagnement le plus intensif.

Accompagnement mutualisé (AESH-m)

Un même AESH suit plusieurs élèves, simultanément ou à tour de rôle, dont les besoins sont jugés moins intenses ou plus ponctuels au cours de la journée. C'est aujourd'hui la forme d'accompagnement la plus répandue.

Accompagnement collectif (AESH-co)

L'AESH intervient au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS), sous la coordination de l'enseignant référent du dispositif, auprès d'un groupe d'élèves.

Comment obtenir un AESH pour son enfant ?

Tout commence par une demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), avec le même formulaire Cerfa n° 15692*01 que pour l'AAH, la PCH ou la carte mobilité inclusion. Un projet personnalisé de scolarisation (PPS) est constitué avec l'équipe pluridisciplinaire, qui évalue les besoins réels de l'enfant en classe.

C'est la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui notifie ensuite le type d'accompagnement (individuel, mutualisé ou collectif) et la quotité horaire. Attention : cette notification ne garantit pas à elle seule qu'un AESH sera effectivement affecté dès la rentrée. C'est ensuite au rectorat, via les services académiques et les pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL), d'affecter concrètement un professionnel — une étape qui peut prendre du retard par rapport à la date de rentrée.

Que faire si mon enfant n'a pas d'AESH à la rentrée ?

C'est une situation malheureusement fréquente : chaque année, environ 10 % des enfants ayant une notification ne bénéficient d'aucun accompagnement effectif à la rentrée, selon un rapport conjoint des inspections générales de l'Éducation nationale et des Affaires sociales. Si c'est le cas pour votre enfant, plusieurs recours existent.

Contactez d'abord le directeur d'école ou le chef d'établissement, qui peut faire remonter la situation. Vous pouvez aussi joindre la cellule académique Aide Handicap École, ainsi que le service de l'école inclusive de votre académie. Les associations spécialisées dans le handicap (APF France handicap, Unapei, associations locales de parents) peuvent également vous accompagner dans ces démarches, souvent plus simples avec un regard extérieur habitué à ces situations. En dernier recours, un recours administratif reste possible auprès du rectorat.

Ce qui change pour la rentrée 2026

Plusieurs évolutions marquent cette rentrée. Depuis la rentrée 2024, l'État finance désormais l'accompagnement pendant la pause méridienne (la cantine) pour les élèves ayant une notification d'aide soutenue et continue une responsabilité auparavant à la charge des communes, source de fortes inégalités selon les territoires.

Les pôles d'appui à la scolarité (PAS) poursuivent leur déploiement : ce nouveau dispositif permet une première réponse aux besoins éducatifs particuliers d'un enfant, parfois avant même l'obtention d'une notification MDPH formelle, pour accélérer la prise en charge.

Sur le plan budgétaire, la tendance est en revanche moins favorable : le budget 2026 ne prévoit que 1 200 créations de postes d'AESH, contre 2 000 en 2025 et 3 000 en 2024, alors que le nombre d'enfants notifiés continue d'augmenter de 10 à 12 % chaque année, et que plus de 350 000 enfants disposent aujourd'hui d'une notification d'aide humaine. Depuis 2017, les effectifs d'AESH ont pourtant déjà progressé de 70 %, avec 34 000 postes créés.

Un rapport conjoint des inspections générales recommande une évolution plus structurelle : la création de postes de conseillers et assistants à l'accessibilité, recrutés parmi des AESH expérimentés, avec un objectif de généralisation visé pour la rentrée 2026 (sous réserve des textes réglementaires et du budget alloué). L'idée est de progressivement compléter l'aide humaine individuelle par une conception plus accessible des situations pédagogiques dès leur préparation, plutôt que d'ajouter systématiquement un accompagnement a posteriori.

Enfin, une proposition de loi examinée au Sénat début janvier 2026 vise à faire évoluer le statut des AESH dans la fonction publique de l'État, un sujet suivi de près par les organisations syndicales du secteur.

Le statut des AESH : ce qu'il faut savoir

Pour les professionnels concernés, quelques repères utiles : le contrat AESH est conclu pour trois ans, renouvelable, avec un accès possible au CDI après six ans de contrat depuis septembre 2023. La durée annuelle de référence pour un temps plein est fixée à 1 607 heures, mais dans les faits, une grande partie des AESH sont employés à temps partiel imposé, avec une rémunération moyenne avoisinant 800 € net par mois — une précarité régulièrement dénoncée par les organisations syndicales du secteur. Une formation d'adaptation à l'emploi de 60 heures est obligatoire à la prise de poste, complétée par des formations continues proposées au niveau académique.

En résumé

L'AESH reste un maillon essentiel de l'école inclusive, mais un maillon encore fragile : notification qui ne garantit pas toujours un accompagnement effectif, délais d'affectation, précarité du statut, et moyens qui peinent à suivre l'augmentation continue des besoins. Pour les familles, mieux comprendre les démarches et les recours possibles reste la meilleure façon d'anticiper une rentrée sereine, ou de réagir rapidement en cas de difficulté.

Sources

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